Sweatshop : les dangers de la mode

Published on 05 mars 2012

 

Une simple grève dans une usine de confection de chaussures, et ce sont tous les prophètes de la mode qui s’inquiètent des milliers de consommateurs qui risquent d’être déçus de ne pas recevoir leurs paires de baskets tant attendues. Un véritable désastre se prépare ! Heureusement, au travers du serious game Sweatshop, vous pouvez remettre en ordre la chaîne de production de l’usine en question : ouf ! sauvés. Ou pas…

Un serious game qui ne mâche pas ses mots

Channel 4, une chaîne de télévision bien connue outre manche, avait financé il y a quelques temps des jeux éducatifs afin d’investir utilement dans le marché du jeu vidéo britannique. Aujourd’hui, d’après de nombreux observateurs, le projet est une réussite, comme en témoignent les quelques perles qui ont vu le jour depuis et dont le serious game Sweatshop fait incontestablement partie.

La cinématique d’introduction du jeu donne immédiatement la teneur des propos : les victimes de la mode ne sont pas celles qu’on croit ! Bien construite, la séquence met en avant les conditions de travail insoutenables rencontrées par les ouvriers des usines du tiers monde en remontant la filière, de l’acheteur avide de consommer jusqu’à l’ouvrier harassé par sa tâche.

Le joueur incarne un directeur stagiaire d’une entreprise d’habits qui reçoit les commandes de grandes marques peu soucieuses des conditions de fabrication, guidées par la logique unique du profit. Si l’histoire adoptée parait quelque peu manichéenne, le jeu réussit malgré tout à éviter l’écueil rébarbatif du discours sermonneur grâce à une réalisation intelligente et à un humour à la fois sarcastique et cynique. Celui-ci transparait jusque dans l’intitulé des missions (« Just do it ») ou par le biais de caricatures de grandes personnalités de la mode … Un tour de force !

« They make the clothes, we make money »

Quid du gameplay de Sweatshop ? C’est pas compliqué, il faut l’aborder comme un tower defense adapté au monde du travail : à la place des hordes d’ennemis à détruire, ce sont des produits à confectionner ; au lieu de mettre en place des systèmes défensifs au bord d’un chemin, on positionne des ouvriers sur la ligne de production. Les plans de travail varient à chaque mission (30 en tout) et plus on progresse, plus il va falloir faire preuve d’anticipation et de reflexes.

Les différents types de produits (chapeau, tshirt, chaussure, etc.), de machines et d’ouvriers, sont là pour corser le challenge. Il s’agit d’agencer tout cet ensemble correctement sur la ligne de production afin de gagner le plus d’argent possible, sans toutefois négliger la sécurité des ouvriers en plaçant des distributeurs pour leur donner à boire, des postes de radio pour améliorer leur rendement, des ventilateurs pour leur confort, etc.
Bref, les joueurs habitués à ce type de gameplay auront largement de quoi faire, d’autant qu’un système de score est présent à chaque fin de mission pour tenir en haleine les plus exigeants d’entre eux. Et c’est précisément avec le calcul du score que le message de Sweatshop prend tout son sens : si le joueur souhaite faire un « gros score », il doit adopter la logique de la rentabilité tant décriée tout au long du jeu, notamment via l’encart « pour de vrai » qui apparait à côté des médailles remportées. Au final, le jeu est beaucoup plus intelligemment réalisé que ce qu’il laisse entrevoir au début et force le joueur à une véritable réflexion.

Une ambiance humoristique, un gameplay solide, un message habilement mis en place : un triptyque ravageur qui fait probablement de Sweatshop l’un des meilleurs serious games du moment (oui rien que ca !).

Jouez à Sweatshop en cliquant sur l’image !

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